Art et engagement

Philosophy

Langue néerlandais, traduction simultanée en français

L’art offre toujours une opportunité d’élargir notre champ de vision, ainsi que notre capacité à sentir, réfléchir et agir. Certaines créations ont en effet le don de nous toucher plus spécifiquement ou de nous faire éprouver des choses que la raison seule ne pourrait nous faire comprendre. C’est ainsi que l’art peut mobiliser nos pensées et nos actes.    

Art et humanisme écologique

avec Hans Alma (Universiteit voor Humanistiek Utrecht) et Yoni Van Den Eede (Vrije Universiteit Brussel)

La pensée écologique présuppose que nous dépassions le dualisme homme/nature et que nous considérions le lien mutuel qui unit l’humanité et l'environnement. De quelle manière l'art peut-il faire bouger à la fois notre pensée et notre action écologique ? Les créations artistiques peuvent-elles accroître l'implication du public dans un engagement pour un monde plus durable et plus humain ? Deux philosophes repensent notre humanité à la lumière de la crise écologique.    

Géo-artistes

avec Ann Van Sevenant (chercheur indépendant)

Le phénomène des géo-artistes est né au croisement de l'art et du concept de territorialité. Certains parlent d'une géographie critique de la ville, d'autres d'un néo-situationnisme. L’urbanisation traditionnelle peine à offrir une réponse adaptée à la mutation des espaces et des conditions qui caractérisent nos villes. Nous sommes à un tournant, et les nouvelles approches éthiques, écologiques et militantes qui bourgeonnent ci et là en sont la preuve. Ce constat ne se limite d’ailleurs pas aux villes. Partout, on assiste à l’éclosion d’une philosophie de la simplification visant à développer un meilleur équilibre entre le travail et les loisirs. Ce qui nous intéresse dans cette présentation, c’est la manière dont la géographie et la création se rencontrent dans les exemples exposés.    

L'art militante

avec Lieven De Cauter (RITCS School of Arts)

Ce philosophe de la culture questionne l’art et l’activisme à partir de plusieurs propositions. Il s’interroge notamment sur le difficile croisement entre l’art et la politique dans ce qu’il appelle l’imaginaire activiste. Il part du principe que la meilleure option reste de faire des créations artistiques de qualité et de mener une véritable action politique, sans chercher à faire les deux en même temps. Pour lui, l’art n’est pas une action, il n’agit pas dans l’espace public mais consiste en une sorte de jeu/rituel qui survient dans l’espace protégé d’une hétérotopie culturelle. Cela ne signifie pas que l’art n’a pas sa place en politique, mais que quand il revêt une dimension politique, il n’est plus aussi puissant (pensez à des romans ou à des films au message fort). En même temps, Lieven De Cauter ne peut s’empêcher d’éprouver de la sympathie pour ceux qui se prêtent à l’exercice périlleux qui consiste à mêler art et activisme. Ils sont peu à réussir et les exemples les plus convaincants sont sans doute les artistes devenus activistes à plein temps qui mettent leur créativité au service d’un combat, au propre comme au figuré.