Activistes urbains et biens communs

Forum

Dans ce forum, des artistes, des activistes et des philosophes se pencheront sur la signification et le rôle du bien commun, de l’activisme urbain et de la politique de la rue. Avec l’augmentation des privatisations, la marchandisation croissante et la transformation des villes en parcs d’attraction géants, la pression qui s’exerce sur l’espace public libre se fait de plus en plus forte. Des intellectuels, des artistes et des mouvements citoyens s’efforcent par de nombreuses initiatives de contrecarrer cette tendance.

Veiller à ce que la sphère publique reste ouverte et accessible à tous, cela signifie aussi tout mettre en œuvre pour qu’elle continue de fonctionner comme un espace permettant aux gens d’exprimer leurs critiques et aspirations par l’intermédiaire d’autres canaux que ceux utilisés par la politique traditionnelle. C’est précisément l’endroit où commence la politique de la rue : sous la forme d’un graffiti, d’un mouvement musical, du squat d’un immeuble abandonné et de bien d’autres actions, elle permet non seulement d’établir un diagnostic des points sensibles de notre démocratie, mais aussi de montrer qu’il existe d’autres façons de façonner la société. C’est ainsi qu’elle crée souvent des lieux alternatifs, dans la ville et en dehors, où chacun peut s’épanouir pleinement en tant qu’humain et que citoyen.

AVEC :

Lieven De Cauter – PHILOSOPHE & ACTIVISTE

Cela fait longtemps que le philosophe et activiste urbain Lieven De Cauter écrit à propos de l’importance de l’activisme ; et il joint toujours l’acte à la parole. À l’occasion du Festival Human(art)istic, il va nous exposer les raisons pour lesquelles nous avons, selon lui, un grand besoin de redécouverte de nos biens communs. Dans les mouvements coopératifs ou du logiciel libre, le jardinage urbain et toutes sortes d’activités proposées par des mouvements citoyens, il voit une réponse radicale et créative à l’éviction de l’espace public.

Frank Theys – ARTISTE & CINEASTE
et Kastro Dakdouk & Samir Mohanna – ACTIVISTES

Le réalisateur, philosophe et artiste Frank Theys présente The Refuge Village, un chapitre de son nouveau documentaire Plan B. On y suit Kastro Dakdouk et Samir Mohanna, qui ont lancé leur propre projet près d’Athènes pour accueillir les migrants. Ils seront à Bruxelles pour parler de leur initiative.

Femke Kaulingfreks – PHILOSOPHE & ANTHROPOLOGUE

L’anthropologue et philosophe néerlandaise Femke Kaulingfreks étudie depuis des années la manière dont les jeunes pratiquent la politique depuis le bas de l’échelle sociale ; elle est – entre autres – l’auteur du livre Straatpolitiek (Politique de la rue). Dans cette performance, elle présentera le hip hop comme une expression spécifique de la politique de la rue et instaurera un dialogue avec deux collectifs de hip hop, Souterrain Productions et La Belle Hip Hop. Du graffiti, du beat box, du break dance et du slam interviendront de manière créative dans cette surprenante proposition.

Souterrain Productions & La Belle Hip Hop – COLLECTIFS HIP HOP

En rassemblant différents courants du hip hop, Souterrain Productions crée de fascinantes rencontres ; et les membres de ce collectif né en 1995 savent à quel point ce mouvement peut offrir une tribune pour exprimer son dynamisme politique. Ils viendront démontrer cela avec le collectif féminin La Belle Hip Hop.

Pepijn Kennis & Bram Dewolfs – ACTIVISTES

Ces activistes urbains œuvrent dans des organisations dont le but est de revaloriser le « commun ». Avec l’asbl Toestand, Pepijn Kennis s’implique pour transformer des bâtiments vides en centres socio-culturels temporaires, tandis que Bram Dewolfs et son collectif Urban Foxes veillent à ce que les espaces publics soient utilisables de manière optimale et favorisent l’interaction sociale.

Expo: Art with Refugees

Kastro Dakdouk est un artiste syrien qui a émigré en Grèce il y a 30 ans. Avec la nouvelle vague de migration et la crise en Grèce, il s'est occupé du sort des réfugiés. Kastro est l'un des initiateurs qui ont commencé à squatter des bâtiments vides pour loger les réfugiés sans-abri. Avec les enfants de ces réfugiés, il a également commencé un atelier de peinture, dans lequel ils ont pu donner une place aux expériences traumatisantes de leur migration. Pendant le festival, des œuvres des enfants seront exposées, ainsi que des peintures de Kastro lui-même.