Revivre Human(art)istic Festival 2016

Festival 2016

☞ Venez à Human(art)istic Festival au Beursschouwburg les 7 et 8 mars 2018

CRÉATIVITÉ ET HUMANISME : UN BEL ENSEMBLE POUR UN MONDE PLUS HUMAIN. AU-DELÀ DES ANCIENNES RÉDUCTIONS

- Rik Pinxten ( Universiteit Gent)

L’humanisme ne diffère pas des autres conceptions du monde et traditions religieuses. Il est inscrit dans un contexte culturel et historique et ne plane pas au-dessus de la réalité socio-culturelle et historique, comme s’il avait une forme et un contenu hétérogènes et transcendants. Sans davantage élaborer cette matière, chaque libre penseur humaniste peut questionner ce point spécifique pour en venir à une révision intelligente et ouverte d’idées et d’opinions prétendument acquises. J’émets la thèse selon laquelle l’humanisme actuel se doit de réfléchir sur les limites factuelles et la relativité locale des points de vue adoptés, afin de les réinterroger à partir du monde actuel fragmenté.

OUTSIDE OF SOCIETY. UN REGARD HUMAN(ART)ISTIQUE

- Marc Van den Bossche ( Vrije Universiteit Brussel)

Notre société semble dominée par une culture esthétique qui embellit superficiellement. La photographie ne sert apparemment qu’à être approuvée. Comment pouvons-nous en tant que spectateurs critiques y échapper ? Comment la photographie peut-elle montrer ce qui se soustrait aux images médiatisées et ce qui dérive vers la marginalité ? A partir de l’œuvre de Giorgio Agamben, Michel Foucault et Wolfgang Welsch et les photos de Lieven Nollet, je propose de concevoir un art attentif à « l’anesthétique » , à ce qui se dérobe à l’imaginaire dominant et semble ne pas être perceptible. L’art et la vigilance humaniste pour les mécanismes d’exclusion vont de pair.

LA CAPACITÉ AUTO-RÉPARATRICE

- Ann Van Sevenant (chercheur indépendant)

De nos jours, on expérimente abondamment avec des matériaux dits d’auto-réparation, comme le béton auto-réparateur ou les matières synthétiques intelligentes. Lors d’un dommage, ces nouvelles technologies disposent d’une capacité réparatrice autonome qui leur est intégrée. La philosophie de ce processus d’auto-réparation diffère toutefois de la capacité auto-régénératrice des organismes vivants. La créativité humaine contribue à donner sens à la vie, en rendant l’insupportable un peu plus supportable. L’objectif n’est pas d’édulcorer superficiellement, mais de contribuer à l’épanouissement de l’individu. Nietzsche estimait que, sans l’art, l’homme succomberait à la vérité. Entendait-il que la dimension mythique et magique de l’auto-développement créateur offre les meilleures chances au processus de régénération existentielle?

ET L’HOMME DISPARUT. COMMENT LA TECHNOLOGIE NOUS OBLIGE À RÉFLÉCHIR À CE QUE SIGNIFIE ÊTRE HUMAIN ?

- Yoni Van Den Eede (Vrije Universiteit Brussel)

Dans la vie quotidienne, nous concevons la technologie comme un instrument neutre qui nous aide à rejoindre nos objectifs. « L’homme » et « la technologie » sont souvent conçus comme deux entités à part entière. Or, durant les dernières décennies, la philosophie de la technique nous a fait découvrir qu’ils sont intrinsèquement liés, qu’on ne peut même plus les séparer. En effet, où finit l’homme et où commence la technologie ? Dans un certain sens, nous avons perdu l’homme en cours de route. Sinon, comme le prétendent les transhumanistes, évoluons-nous dans la direction d’un homme nouveau ? Par la réflexion sur la technologie, nous sommes contraints de questionner fondamentalement le concept d’être humain.

PAS DE CULPABILITÉ, MAIS DE LA PUNITION

- Lieven Nollet (photographe)

Une personne qui commet un crime et qui psychiquement ne peut en être tenue pour responsable, sera très probablement internée. Ce système fonctionne de façon fatidique pareil à des oubliettes et annonce la faillite de la psychiatrie. Le photographe gantois Lieven Nollet a tellement été touché par la gravité de ce problème social et par le drame que vivent les individus qui subissent cet internement qu’il s’est décidé à les photographier. Il s’est entretenu avec les internés et a fixé dans ses photographies le noyau du drame humain. Non pas la culpabilité, mais la punition est visible dans les séries de photos et témoignages : il s’agit d’une confrontation du visible avec l’invisible.

THE CHOUAS - A WORK IN PROGRESS

- Saddie Choua (artiste)

Artiste visuelle, Saddie Choua réalise des films et documentaires à partir desquels elle crée un parcours fragmenté aux limites ténues entre fiction et réalité. À travers des interventions méta-documentaires et un procédé de déconstruction narrative, elle tente de réveiller l’esprit critique du spectateur. Pour A Work in Progress, Saddie Choua s’est inspirée d’une vieille photographie de son père et ses quatre frères. Trois d’entre eux ont émigré. Un est rentré au pays. Deux sont restés au Maroc. Le travail ininterrompu de toute une vie sous forme d’épisodes, une œuvre qui explore l’aliénation des familles d’immigrants en Europe, les autoportraits de la diaspora, l’Histoire, les histoires et les spectres du pays natal, à travers une multitude de trames narratives et de médiums. On y trouve ainsi des références à des feuilletons télévisés et à d’autres formats populaires. Le défi consiste à exposer des « situations » révélant les structures du pouvoir derrière les images que nous intériorisons et reproduisons. Pour Saddie Choua, le médium est plus qu’un simple outil de communication ; il est le message.

LA MAISON MACHETES

- Freddy Tsimba (artiste) 

Freddy Tsimba est un artiste-sculpteur originaire de la République démocratique du Congo. Il travaille essentiellement le fer, le bronze et accorde un grand intérêt aux matériaux de récupération comme des douilles de cartouches, des restes d’obus, des machettes ou encore des fourchettes, couteaux et cuillères. Ces éléments donnent vie à ses œuvres : des sculptures expressionnistes, morcelées et provocatrices. Freddy exprime de façon poignante les atrocités des guerres et des conflits armés. Sa démarche témoigne des questions essentielles de l’humanité. Il termine ses études à l’Académie des Beaux Arts de Kinshasa en option sculpture monumentale en 1989. Il précise  : «  Ma vraie école (…), c’est la rue où je me fournis en abondance. Mes maîtres ont été les forgerons auprès desquels pendant 5 ans, j’ai appris la technique du feu et de la soudure. ». Il doit sa notoriété à plus d’une cinquantaine d’expositions en Afrique, en Europe, au Canada et en Chine. Il a obtenu de nombreux prix et distinctions en France et au Canada.