Frank Theys de retour au Festival Human(art)istic avec un plan B pour les migrants en Grèce

Festival 2019

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Cela fait plusieurs années que le réalisateur, philosophe et artiste Frank Theys interroge le monde qui nous entoure de manière originale au travers de son œuvre visuelle. Pour l’édition 2019 du Festival Human(art)istic, il présente The Refuge Village. Dans ce volet de son nouveau documentaire Plan B, il suit Castro Dakdouk et Samir Mohanna, un Syrien et un Palestinien qui sont à l’origine d’un projet d’accueil de migrants près d’Athènes, et qui seront à Bruxelles pour raconter le quotidien des exilés en Grèce.

Ce n’est pas la première fois que nous avons la chance d’accueillir Frank Theys au Festival Human(art)istic. Il était déjà présent lors de notre dernière édition pour donner une conférence sur le réchauffement climatique. Plan B s’inscrit dans la continuité de cette démarche engagée puisque, selon ses propres dires, ce documentaire s’intéresse aux « changements d’attitudes en période de changement climatique ».

Nous avons eu l’occasion de visionner, à Bruxelles, un premier montage du chapitre athénien The Refuge Village. Alors qu’une autre partie du documentaire se penche sur la « Zone à défendre » de Nantes – où des activistes ont développé une communauté sur un lopin de terre afin d’empêcher la construction d’un aéroport -, The Refuge Village part à la rencontre de Dakdouk et Mohanna, deux hommes particulièrement inventifs qui squattent des bâtiments vides pour héberger des migrants sans refuge.

Quand on crie victoire trop vite

Ces deux chapitres de Plan B ont pour point commun d’illustrer la réalité de ceux qui osent prendre des initiatives là où les gouvernements restent impuissants - ou refusent d’agir. Comme tout le monde le sait, la Grèce fait partie des économies européennes les plus durement touchées par la crise ; et on a beau clamer officiellement depuis l’été 2018 que la situation s’améliore, toute l’aide européenne accordée aux Grecs n’a en réalité fait qu’être transférée vers leurs créanciers, à savoir les banques européennes. Dans le pays en lui-même, peu de choses ont changé. Pire encore : en criant victoire trop vite, l’Europe a purement et simplement entraîné la coupure du robinet de l’aide internationale.

« Depuis l’été 2018, on dit officiellement que la Grèce est en train de sortir de la crise ; en réalité, peu de choses ont changé. En criant victoire trop vite, on a entraîné une coupure du robinet de l’aide d’internationale, avec pour conséquence des conditions de vie de plus en plus difficiles pour les sans-abris et les migrants. »

Castro Dakdouk et Samir Mohanna sont eux-mêmes arrivés à Athènes il y a quelques années, après avoir fui la Syrie et la Palestine. Décidés à s’investir pour aider leurs compagnons d’infortune, ils ont commencé à squatter des immeubles inhabités afin d’offrir un toit à ceux qui n’en ont pas. Ils louent également une parcelle de terre pour y cultiver des fruits et légumes avec les squatteurs, vendent leurs produits au marché et ont créé un bar à fallafels bio préparés avec leurs propres récoltes.

Petites actions, gros impact

Si des projets comme celui de Dakdouk et Mohanna peuvent sembler n’être qu’une goutte d’eau dans l’océan, ils revêtent une dimension qui les dépasse largement. Aussi bien le Refuge Village que la ZAD de Nantes sont des réactions directes à des problèmes causés par le système économique et politique, que celui-ci refuse de résoudre lui-même. Il va donc falloir faire preuve de beaucoup d’imagination pour laisser un monde vivable aux générations futures, affirme Theys.

« Les générations actuelles et futures devront faire preuve de beaucoup de créativité pour engager le monde sur la voie d’un modèle durable. Les expériences sociales et écologiques radicales ont à cet égard un rôle crucial à jouer. »

« Si ce sont les générations précédentes, les baby-boomers, qui ont légué tous ces problèmes aux générations Y et Z, c’est à ces dernières qu’incombe la tâche d’engager le monde sur la voie d’un modèle durable ; et ils devront faire preuve de beaucoup de créativité. Des projets comme celui de Nantes ont à cet égard un rôle crucial à jouer. Ce que les 300 personnes impliquées dans la ZAD ont créé, c’est un véritable laboratoire de la transition sociale et écologique… Même si on ne les laisse pas mener leur expérimentation de manière radicale. » Les forces de l’ordre françaises ont en effet déjà essayé à plusieurs reprises de déloger la communauté.

Comment les Grecs réagissent-ils au Refuge Village ? Vous le découvrirez au Festival Human(art)istic. En plus de la première du documentaire, vous pourrez également parcourir l’exposition Art with Refugees que Castro Dakdouk et Samir Mohanna présentent à Bruxelles. Le résultat de ce projet de peinture réalisé avec des enfants migrants sera visible dans les couloirs du festival.

The Refuge Village est l’un des chapitres du film Plan B de Frank Theys, réalisé en collaboration avec Menno Grootveld et Michel Bauwens. Plan B est une production de Escautville (B), en coproduction avec SeriousFilm (NL), avec le soutien du fonds flamand pour l’audiovisuel et de DeMens.Nu.

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